Les violences sexuelles

Qu'est-ce qu'une agression sexuelle?

Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s'agit d'un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l'utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l'intégrité physique et psychologique, et à la sécurité de la personne.

Cette définition s'applique peu importe :
  • l'âge, le sexe, la culture, l'origine, l'état civil, la religion et l'orientation sexuelle de la victime ou de l'agresseur sexuel;
  • le type de geste à caractère sexuel posé;
  • le lieu ou le milieu de vie dans lequel le geste à caractère sexuel a été fait;
  • les liens qui existent entre la victime et l'agresseur sexuel.
Tiré de http://www.agressionssexuelles.gouv.qc.ca/fr/mieux-comprendre/index.php

Types de violences sexuelles

(inspiré du Guide d'information à l'intention des victimes d'agression sexuelle, Table de Concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, 2008)
Les violences sexuelles peuvent impliquer plusieurs gestes ou activités à caractère sexuel tels que:
  • des baisers à caractère sexuel;
  • des attouchements: seins, cuisses, fesses, pénis, vulve, anus;
  • de la masturbation de la personne par l'agresseur et vice-versa;
  • des contacts oral-génital: fellation, cunnilingus;
  • de la pénétration: pénétration vaginale par le pénis, sodomie, pénétration de l'anus ou du vagin avec les doigts ou des objets;
  • d'autres activités de nature sexuelle.

Les violences sexuelles peuvent être commises par un ami, un conjoint, une connaissance, un professionnel que vous consultez, un collègue, un employeur, un voisin, un membre de la famille, un client, un patient, un inconnu.

En fonction des gestes posés et du lien entre l'agresseur et la victime certains types de violences sexuelles ont des définitions/noms plus précis. Par exemple:
  • le viol
  • l'inceste
  • l'exploitation sexuelle
  • le harcèlement sexuel
  • l'agression sexuelle dans le cadre d'une relation d'aide
  • l'agression par intoxication
  • la violence conjugale

En voici quelques-uns qui nécessitent des précisions supplémentaires:

Exploitation Sexuelle

L’exploitation sexuelle est une problématique complexe, notamment en raison des divers contextes où elle peut survenir (milieu prostitutionnel, salon de massage érotique, bar de danseuses nues, etc.) et des activités criminelles qui peuvent y être associées (proxénétisme, traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle, achat de services sexuels, etc.
À travers ses multiples manifestations, l’exploitation sexuelle implique généralement une situation, un contexte ou une relation où un individu profite de l’état de vulnérabilité ou de dépendance d’une personne, ou de l’existence d’une inégalité des rapports de force, dans le but d’utiliser le corps de cette personne à des fins d’ordre sexuel, en vue d’en tirer un avantage. Il peut s’agir d’un avantage pécuniaire, social ou personnel, tel que la gratification sexuelle, ou de toute autre forme de mise à profit. (Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer leS violenceS SexuelleS 2016 / 2021)

Inceste et agression sexuelle dans l’enfance

«Comprend toute activité à caractère sexuel impliquant une personne mineure (0 à 17 ans) et une personne qui a un lien de responsabilité, d’autorité ou de figure parentale avec un mineur.» (J’avise, 2002)

Harcèlement sexuel

«Toutes les formes d’attentions ou d’avances non désirées, à connotation sexuelle [et faites à répétition] qui provoquent l’inconfort, la crainte et menacent le bien-être d’une personne.» (Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, 2008) «Cette forme d’agression sexuelle peut comprendre les regards insistants, les paroles, les gestes, les menaces, les propositions, les blagues et l’affichage de matériel pornographique.» (Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, 2008)

Voyeurisme

«Observer l’intimité ou la nudité d’une personne ou d’un groupe de personnes [sans son/leur consentement].» (Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, 2008)

Exhibitionnisme

«Terme qui décrit le comportement d’une personne qui montre ses parties génitales [dans le but de choquer].» (Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal, 2008) L’exhibitionnisme peut se faire en ligne.

Leurre par Internet

«Le Code Criminel interdit à un adulte de communiquer avec un mineur en vue de commettre une infraction d'ordre sexuelle comme, par exemple, d'avoir des contacts sexuels, d'inciter un jeune à avoir des contacts sexuels, de l'inciter à s'exhiber devant sa webcam ou de visionner du matériel pornographique». (Sécurité publique du Québec, 2012)

Tourisme sexuel

«Il s'agit de touristes se déplaçant à l'étranger pour avoir des relations sexuelles avec des locaux. […] Derrière cette pratique particulière se cache souvent une véritable traite d'êtres humains, un esclavagisme sexuel dans lequel les prostituées sont de véritables victimes. Et une partie de ces victimes est constituée d'enfants.» (Balassoupraminiane, 2001)

Pornographie juvénile

La pornographie juvénile est la représentation photographique ou filmée d’une personne âgée de moins de dix-huit ans qui se livre à une activité sexuelle explicite.

Prostitution juvénile

«La prostitution est la pratique d’activités sexuelles en échange d’argent, de biens ou de services, prioritairement pour des motifs autres que ses propres besoins sexuels et affectifs.» (Hannigan, 1997) «On parle de prostitution juvénile lorsque les jeunes prostitués sont d’âge mineur, c’est-à-dire, au Québec, qu’ils ont moins de 18 ans.» (Durocher et al., 2002)

Il faut souligner qu'il n'existe pas une définition universelle de l'agression sexuelle. Cette dernière revêt donc une signification différente d'un pays à l'autre et selon la manière qu'on l'aborde, c'est-à-dire d'un point de vue légal, politique, scientifique, gouvernemental ou communautaire. Les lois concernant les agressions sexuelles diffèrent également selon les pays. Au Québec et au Canada, le Code criminel canadien définit les différentes infractions à caractère sexuel. (www.agressionsexuellemontreal.ca)

Les conséquences

(tiré du site du CALACS de l'Ouest-de-l'Île www.calacsdelouest.ca)
Effets initiaux
  • Désordre émotionnel : Peur, colère, détresse, angoisse, etc.
  • Symptômes physiques : Problème de sommeil, trouble de l'alimentation, différents maux et blessures physiques, problèmes de concentration, etc.
  • Difficultés sexuelles : Infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), perception négative de la sexualité, dégoût, dysfonctions sexuelles, grossesse, etc.
  • Difficultés dans ses rapports sociaux.
Effets à long terme
  • Comportements autodestructeurs : comportement d'automutilation, idéations suicidaires, tentative suicidaire, saboter ou mettre en échec les aspects positifs de sa vie, consommation abusive et dangereuse d'alcool, de drogue ou de sexe, etc. ;
  • Anxiété : crise d'anxiété ou de panique, cauchemars répétitifs, trouble du sommeil, « Flash-back », vigilance accrue quant à son apparence ou encore quant à son environnement, etc.
  • Troubles de l'alimentation : anorexie, boulimie, obésité morbide.
  • Dissociation : perte de la notion d'espace et de temps, sentiment d'être en dehors de son corps, sentiment d'irréalité.
  • Faible estime de soi : isolement, image négative de soi ou de son corps.
  • Problèmes phobiques : grande peur d'être touchée, agoraphobie (peur des foules), phobies alimentaires (lait, yogourt, mayonnaise, etc.), claustrophobie (peur des espaces clos).
  • Obsessions et comportements compulsifs : lavages des mains, bains et douches répétitifs, vérification des serrures, etc.
  • Problèmes interpersonnels : problème de sociabilité, conflits avec les autres, difficultés en relation amoureuse (particulièrement avec les hommes), hypervigilance et méfiance accrue des autres, fonction parentale affectée, contrôle excessif de soi ou de son environnement, etc.
  • Problèmes sexuels : anxiété concernant la sexualité, diminution ou augmentation de l'activité sexuelle, dégoût ou aversion de tout ce qui est sexuel, prostitution ou mode de vie caractérisée par la domination et l'exploitation sexuelle, etc.
  • Sentiments de honte, de culpabilité, d'être «méchante» ou «mauvaise». Ces sentiments sont le résultat de commentaires et d'allusions négatifs communiqués à l'enfant lors des agressions sexuelles. Très souvent, ces commentaires demeurent dans l'esprit de la victime jusqu'à l'âge adulte, ce qui affecte négativement son image de soi.

Les attitudes aidantes

(tiré du RQCALACS : http://www.rqcalacs.qc.ca/attitudes-aidantes.php)

Pour une personne qui a subi des agressions à caractère sexuel, il peut être difficile d’en parler. « Est-ce qu’on va croire mon histoire ? » « À qui dois-je en parler ? » « Que va-t-il se produire si j’en parle ? »
Plusieurs raisons contribuent à son silence : les mythes et préjugés, la crainte des représailles de l’agresseur, l’impression d’être la seule à vivre cette situation, le fait d’avoir des sentiments confus à l’égard de l’agresseur, la crainte des démarches judiciaires, la peur de perturber la vie de ses proches et l’impression d’être responsable de l’évènement.
Il n’est pas facile d’aider une personne qui a subi une agression à caractère sexuel. La personne qui reçoit ce genre de confidences doit être à l’affût de ses propres réactions et de celles de la victime, avant d’émettre un jugement ou d’entreprendre une action.

  • Soyez à l’écoute;
  • Croyez la personne;
  • N’ayez pas de jugements;
  • Ne posez pas de questions suggestives;
  • Laissez la personne vous parler en ces propres mots;
  • Recevez la personne dans ses émotions et respectez son rythme;
  • Évitez les réactions trop fortes, maitrisez vos émotions;
  • Remettez la responsabilité à l’agresseur;
  • Vérifiez si la personne est en situation de danger et si elle a des idées suicidaires;
  • Vérifiez si la personne à un réseau de soutien (famille, amis);
  • Vérifiez les ressources de la région et référez au besoin;
  • Si besoin, allez chercher du soutien.